Il a fallu dimanche dernier, il a fallu que certains nous quittent pour que je comprenne que le plus important de tout, c'est ma famille. C'est ceux qui sont là depuis le début et qui le seront jusqu'à leur mort ou la mienne. C'est ceux qui m'entourent chaque jour, en pensée ou en acte. De près ou loin, d'Agadir à Paris en passant par Perpignan, ils ont le même sang que moi, les mêmes origines. Et pour certains, l'absence fait mal. Inconsciemment, je le ressent. Je ne sais pas qui je suis parce que je ne connais pas mes racines. Trois de mes grands parents, qui sont partis bien trop tôt, et j'ai de la famille en Algérie que je ne connais pas, que je n'ai jamais vu. Est ce que je peux bien grandir, correctement m'épanouir en étant amputée d'une partie de mes racines ? Je ne sais pas d'où je viens. Enfin si, je le sais. Du Maroc. Pour moi, l'Algérie ne compte pas. Pourtant, c'est le quart de mes origines. Mais comment cela pourrait compter sachant que je n'y suis jamais allée, que je ne connais pas ma famille de là-bas, et que la seule trace que je possède c'est une photo de mon grand père, décédé en 1973 ? Je vis trop loin de ce qui devrait me définir, de ce qui a fait mon prénom et mon nom de famille. Je vis trop loin de ce qui devrait être mon monde, de ce qui devrait faire partie de ma vie quotidienne. Pourtant, je l'ai voulu, quelque part. J'ai été élevée comme ça, certes, mais je n'ai eu aucune volonté de changer. Des efforts, j'en ai fait, de la volonté, j'en ai jamais eu. Parce que si j'avais eu de la volonté à un moment ou à un autre de ma vie, ça ne se serait pas passé comme ça. J'aurais été différente. Mais je ne peux m'empêcher de penser que si j'avais connu mes grands parents, les choses auraient été différentes. Peut être juste un peu, mais elles auraient été différentes. Les regrets font mal et vont finir par m'étouffer. Il n'est jamais trop tard .